Ce travail se propose de déterminer l'errance de l'écriture dans deux œuvres de l'écrivain algérien Rachid Boudjedra, le roman Topographie idéale pour une agression caractérisée et la pièce Mines de rien. L'introduction trace l'itinéraire que cette étude suivra, en mettant en évidence l'importance de l'intratextualité dans les œuvres de l'écrivain algérien par rapport aux deux textes du corpus. La première partie est consacrée à l'analyse du roman: elle étudie d'abord ses structures syntaxiques et stylistiques, qui révèlent d'une parfaite assimilation des techniques romanesques d'avant-garde, en particulier du Nouveau Roman, qui sont bouleversées par l'ironie et la désacralisation de l'écriture. Puis on s'occupe des structures thématiques et de leur structure labyrinthique qui traduisent une dénonciation de la société occidentale. On donne aussi une lecture mythique du roman. La deuxième partie traite de la façon dont l'errance s'incarne dans la pièce à travers l'étude de ses séquences, du mouvement hélicoïdal du temps et du monde mythique recréé par l'espace. Puis, on analyse d'abord le signifiant et la polysémie afin de démontrer qu'ils sont au service de la quête du sens de la vie; ensuite, on voit comment les destins croisés des quatre personnages de la pièce si différents qu'ils soient, se ressemblent du fait que le destin de l'homme est le même: il est déraciné. On analyse ensuite l'histoire comme inéluctable mouvement qui entraîne les hommes s'ils ne réagissent en assumant son propre destin, et la mémoire en tant que souvenir. Les hommes continuent à vivre grâce au souvenir qui se transforme en compte de ce que chaque homme a été et de son présent. On découvre que le sens de la vie est dans l'essence déracinée de l'homme obligé à l'errance. La troisième partie est consacrée au rôle de l'intertextualité dans l'œuvre de Boudjedra et de la forme spécifique d'auto-citation que l'intratextualité prend dans ce corpus. Pour cette raison on analyse les didascalies, les voix off, les lieux de l'imaginaire boudjedrien pour en finir avec un confrontation entre la pièce et le roman et démontrer qu'ils sont liés à plusieurs niveaux. On propose en bref une lecture de la théâtralité du roman et de la forme narrative de la pièce. La conclusion est un regard sur ce qui a été analysé, sur la conception d'une écriture erratique, qui ne saurait trouver de paix que dans la mort de l'écrivain. Car l'œuvre de Rachid Boudjedra est l'écriture d'un seul livre. On propose en conclusion, pour des études futures, d'analyser Topographie Idéale pour une agression caractérisée comme hypotexte auquel l'écrivain a puisé pour l'écriture d'autres romans.