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Thèse

DROUGLAZET, Nathalie
La langue blessée d'Echo ou qu'est-ce que la littérature d'expression française? [Derrida, Camus, Kateb]
 
Lieu : Boston College,
Directeur de thèse : Kevin Newmark,
Année : 2004
Pages : 202 p.
Type : Thèse - Ph. D

Notations :

A travers trois lectures sur le thème de l'Algérie, la présente thèse interroge la relation à la langue française d'un Juif-Français né en Algérie en 1930, Jacques Derrida, d'un autre penseur pied-noir, Albert Camus (1913-1960), et du poète algérien, Kateb Yacine (1929-1989). Ce rapprochement audacieux tend à analyser les rapports de force mis en présence au sein de la pratique littéraire. C'est dans ce sens que la légende ovidienne de Narcisse et Écho allégorise la problématique de la propriété de la langue. Parce qu'il transmet une morale aux accents plus graves pour ceux qui s'intéressent au corpus textuel relevant le défi de se définir en s'exprimant à travers la langue française, Le Monolinguisme de l'autre ou la prothèse d'origine (1996) sera analysé au premier chapitre comme texte littéraire et clef interprétative. Afin de tester jusqu'au bout la validité de (pro)thèse derridienne, la langue de 'l'hôte' et celle de 'l'otage' seront ensuite mises face à face : "Le Renégat ou un esprit confus," publié au sein du recueil de nouvelles camusiennes de 1957, L'Exil et le royaume, et Nedjma, roman algérien de langue française publié en 1956. Le second chapitre permettra de prolonger la discussion philosophique amorcée par le texte de Derrida. En effet, "Le Renégat" met en scène la langue d'un missionnaire français arrachée par le chef d'une tribu dans le désert algérien. Or, la blessure de cette langue-corps bien loin de contrecarrer la production de la langue-discours est, en fait, la condition même de l'articulation de la nouvelle. C'est ce qui demeure troublant et provoque cette réflexion sur la langue bifide et la littérature dite "d'expression française." Elle sera poursuivie au chapitre 3 à travers l'étude du monument francophone de la littérature algérienne et la façon dont Kateb y opère une greffe scripturale en pleine ère coloniale et sous le nez de ses censeurs