Le programme documentaire Limag

 

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Justification

      Pour les chercheurs sur les littératures du Maghreb, très dispersés de par le Monde et le plus souvent loin des principaux Centres de documentation, l’information sur les travaux en cours et les publications, ainsi que la documentation bibliographique de base, sont un problème bien plus difficile à résoudre que pour des chercheurs sur d’autres domaines littéraires, où la documentation et les informations sont le plus souvent bien organisées.

      Le travail de Jean Déjeux, décédé en 1993, a été fondamental pour la constitution du corpus de la littérature maghrébine francophone, mais il n'est pas exempt d'erreurs, et surtout Jean Déjeux a toujours refusé de s'adapter à l'informatique et aux méthodes bibliographiques modernes. Ainsi personne n'a-t-il pris le relais depuis sa mort.

      Or de plus en plus la recherche s'élabore dans l’actualité, et nous sommes si nombreux à travailler sur ce domaine jadis "marginal" que nous avons besoin en permanence de savoir, par exemple, s'il n'y a pas déjà quelqu'un qui travaille sur le sujet que nous nous préparons à aborder. La banque de données Limag a en effet répertorié déjà plus de mille thèses et DEA soutenus dans le Monde sur la littérature maghrébine francophone, et ce nombre s'agrandit sans cesse, dans une anarchie parfois très grande, favorisée par le paternalisme de certains directeurs de recherches.

      De plus, rares sont les bibliographies signalant de façon satisfaisante les articles, ou même les textes brefs d’auteurs connus paraissant dans des périodiques. Lorsqu'un recueil d’articles ou des Actes de colloques sont signalés, on n'en sait le plus souvent pas davantage sur le contenu de ces recueils. Heureusement, depuis peu, des bases de données peuvent être consultées : il s'agit essentiellement de la base américaine MLA, et de la banque de données "Arabase" de l’IREMAM d’Aix en Provence. Mais si elle est d’un maniement agréable et très à jour, la première est très incomplète, particulièrement pour les publications locales maghrébines. Quant à "Arabase", si elle est en général mieux informée des publications maghrébines, elle est d’un maniement très difficile, souvent imprévisible, et toujours très en retard aussi au niveau de la saisie des informations. De plus la présentation des documents qu'elle fournit est très rébarbative. Et surtout elle est centrée davantage sur le Machrek et sur les Sciences politiques ou l'Histoire, que sur la littérature.

      Dans un domaine où les thèses, soutenues ou en cours, sont de plus en plus nombreuses, les chercheurs ont du mal à savoir les recherches en cours et à consulter les thèses non publiées : le fichier central des thèses de Nanterre, s'il a rattrapé en partie le retard qui fut longtemps le sien, reste de toutes façons très incomplet, puisqu'il ne signale que les thèses soutenues en France. Il ignore les travaux de plus en plus nombreux au Maghreb même depuis la modification du système français de thèses, et tous les travaux étrangers. Et il n'indique lors d’une consultation à distance, par exemple par Minitel, que des travaux soutenus, alors que très souvent il est nécessaire lorsqu'on lance un projet de recherche de savoir s'il n'est pas déjà en cours d'étude par un autre chercheur. Enfin, les chercheurs éloignés ont beaucoup de mal à se procurer les thèses non publiées, qui sont la majorité.

      Les pays du "Sud", où les recherches sont de plus en plus nombreuses, ont donc besoin de supports documentaires plus maniables et plus facilement mis à jour que des livres, que par ailleurs ils arrivent très difficilement à trouver. La bibliographie informatisée permet une constante mise à jour, dans laquelle d'ailleurs les chercheurs du "Nord" et du "Sud" sont associés, puisque dans un domaine comme la littérature maghrébine il est évident qu'une part essentielle de l'information comme des documents se trouve au Maghreb même. Il est donc temps aussi de mettre fin au sens unique nord-sud de l'échange des connaissances, et un domaine comme celui de la littérature maghrébine se prête particulièrement, grâce à la mise en place d'équipes multinationales, à cette promotion d'un échange plus équilibré.

 

Historique

      Le programme Limag est né dès 1989 de la prise de conscience de ces besoins qui n'ont fait que s'amplifier depuis. Il est le résultat de nombreuses rencontres entre enseignants-chercheurs de diverses universités du Maghreb associés à l'Université Paris 13 dans le cadre de conventions de recherche sur les littératures maghrébines, financées le plus souvent par le Ministère français des Affaires Etrangères. L'Université Paris 13, du fait de l'histoire de sa formation doctorale littéraire, est en effet l'université française où le plus grand nombre de thèses sur ces littératures sont inscrites.

      Une Coordination internationale des chercheurs sur les littératures maghrébines (Association "loi 1901") a été créée en même temps, dans le cadre du Centre d’études littéraires francophones et comparées de l’Université Paris 13 et des Conventions de ce Centre avec des universités étrangères. (Universités d'Alger, de Tunis, de Casablanca, mais aussi de Heidelberg ou Oslo). Cette Coordination a permis d'établir le lien entre ces différentes Conventions. Elle a bénéficié dès les premiers mois de l’infrastructure informatique et documentaire du Centre d’Etudes littéraires francophones et comparées, et d’un contrat avec le réseau UREF (AUPELF) Littératures francophones, jusqu'à l'extinction de ce dernier. C'est dans le cadre de cette association que l'essentiel du travail a été réalisé jusqu'à présent et continue de l'être : plus d'une vingtaine de personnes contribuent ainsi de façon constante à la collecte des données dans tous les pays. Ces dernières sont ensuite rassemblées et confrontées aux données déjà entrées, avant d'être ajoutées à la banque de données.

 

Contenu

      Les bases de données actuellement rassemblées par ce programme Limag sont encore loin d’être complètes. D’ailleurs il serait fou de penser qu’elles le seront un jour. Pourtant elles commencent à être imposantes et interrogeables. Un programme de consultation a en effet été élaboré, et commence à être diffusé avec les bases de données dans toutes les universités, bibliothèques universitaires et institutions qui en font la demande, moyennant une participation aux frais symbolique. La version actuelle diffusée sous forme d'un DC-MEF (CD-Rom) est en consultation dans une cinquantaine d'Universités dans le Monde entier, ainsi que sur les ordinateurs personnels de nombreux chercheurs isolés.

      Ce programme peut être utilisé par tout un chacun, sans aucune formation préalable à l'Informatique. Il fonctionne grâce à une version réduite (Runtime) du logiciel Paradox7, qui est diffusable libre de droits.

      Les bases de données gérées par ce programme, nommé Limag ("Littératures maghrébines"), sont pour l’instant au nombre de trois, auxquelles s'ajoutent des tables annexes, comme celles des coordonnées professionnelles des chercheurs, des coordonnées des différentes revues dépouillées, etc.

      Toutes ces bases sont reliées entre elles, ce qui fait que l'utilisateur n'a pas besoin de savoir de laquelle proviennent les réponses aux questions qu'il pose, mais qu'il peut aussi limiter son interrogation à l'une d'entre elles. L'interrogation pour l'instant peut se faire par objet, par auteur, par pays de l'auteur, par œuvre traitée, par genre, par année de publication, par périodique, et pour les thèses, par directeur de recherches ou par université. Les réponses peuvent à leur tour être limitées, augmentées ou modifiées, selon le même critère ou selon un autre critère. Elles peuvent aussi être imprimées ou récupérées sous un autre format logiciel, etc.

 

1) Un Répertoire international des chercheurs.

      Il comporte 1 722 références le 5 août 1998. Il s'agit de la base la plus ancienne. On en a déjà tiré un volume sur papier en 1990, dont les mille exemplaires se sont vendus en quelques mois : ce premier volume est à présent épuisé. Une réédition mise à jour, de 365 p., en a été publiée (Paris, L'Harmattan) en 1996. L’essentiel est cependant l’interrogation informatisée, disponible à tout moment, et qui tient compte bien évidemment des nombreuses références nouvelles rentrées depuis l’impression du livre.

      Ce répertoire intègre les résumés des thèses, et lorsque les thèses elles-mêmes nous ont été fournies sur disquette, un renvoi par lien hypertexte permet d'accéder directement à leur lecture.

 

2) Une base "Livres".

      Cette base comprend aussi bien les oeuvres des écrivains maghrébins publiées en volumes, que les ouvrages critiques, que d’autres ouvrages en rapport avec les littératures maghrébines. Un champ "Sous-tables" permet de se limiter à une ou plusieurs catégories d’ouvrages. On aurait pu faire plusieurs bases séparées, selon ces différentes catégories (Par exemple "Oeuvres" "Critiques" "Société" "Histoire" "Cinéma" "Emigration" "Musique" "Télévision" "Théâtre" "Exotisme" "Littérature coloniale", "Politique culturelle", "Littérature féminine", etc.). Mais qui ne voit que ces différentes catégories se recoupent souvent dans un même ouvrage, qu’il aurait donc fallu répertorier plusieurs fois si on avait fait des bases séparées. On a donc préféré tout regrouper, en permettant grâce à ce système de "Sous-tables", de sélectionner la ou les "sous-tables" qui conviennent, ou d’interroger au contraire sur l’ensemble, ce qui donne parfois des associations enrichissantes, puisqu’un même thème, par exemple, peut se retrouver dans des catégories de textes différentes.

      Par ailleurs la base comporte évidemment des champs "Index" ou "Commentaires", que le programme de consultation interroge selon plusieurs critères. Elle signale également les traductions et les rééditions.

      Des contrôles de fiabilité de l'information y ont également été mis en place : les ISBN sont systématiquement indiqués, et comme les autres bases du programme, la base "Livres" indique la source et les contrôles successifs de chaque enregistrement. Toute nouvelle indication d'une référence déjà entrée donne lieu en effet à une confrontation, et à une vérification en cas de divergence.

      Le 5 août 1998, la base "Livres" comporte 15 448 entrées.

 

3) Une base "Articles".

      C’est la base la plus importante en volume : 21 910 entrées le 5 août 1998. C’est aussi celle qui se développe le plus rapidement, étant donné l’énorme quantité d’articles à répertorier et leur grande dispersion : beaucoup de revues n’annoncent pas a-priori des articles sur les littératures maghrébines, et pourtant on a souvent la surprise d’en trouver où on s'y attendait le moins.

      Cette base comprend aussi bien les articles critiques sur des auteurs, ou sur tel film, etc., que les textes courts des auteurs eux-mêmes dans des périodiques, ou dans des anthologies, etc. Elle comprend aussi les articles de dictionnaires sur tel auteur.

      Elle comporte, comme la table "Livres", un champ "Sous-tables" qui permet la même souplesse d’utilisation, et bien entendu un index, et l’indication de la source de l’information, etc. Les recueils d’articles : actes de colloques, numéros spéciaux de revues, etc., sont dépouillés dans le détail de leurs articles pour cette base, et indiqués avec leur titre d’ensemble seulement dans la base "Livres". Les coordonnées éditoriales des périodiques, leur ISSN, leur adresse, sont indiqués dans une table annexe liée. Et lorsque le périodique dispose d'un serveur Internet, un lien hypertexte y renvoie.

 

4) Un répertoire biographique.

      Lorsqu'on les possède, on entre systématiquement dans cette base, reliée dynamiquement aux autres, quelques indications biographiques, tant sur les auteurs que sur les critiques ou sur d'autres acteurs politiques ou culturels. Pour les acteurs politiques, l'équipe bénéficie depuis peu de la collaboration d'historiens, parmi lesquels Benjamin Stora et Caroline Bégaud. Les adresses des personnes qui nous ont autorisés à les communiquer sont également fournies, ou à défaut leurs coordonnées professionnelles.

 

5) Les textes des thèses et de diverses publications.

      On a commencé depuis le printemps 1998 à rentrer systématiquement le texte même des thèses qui nous sont fournies sur disquettes. Pour faciliter leur lecture par des utilisateurs ne possédant pas le logiciel Word, ces thèses sont converties au format Acrobat Reader, et le logiciel, en diffusion gratuite, est fourni sur le CD-Rom. Rappelons que ce format est aussi le plus couramment utilisé pour les documents diffusés par Internet lorsqu'on ne veut pas perdre leur mise en page en les convertissant au format html.

      Les textes de diverses publications, parmi lesquelles ceux de la totalité des publications du Centre d'Etudes littéraires francophones et comparées de l'Université Paris 13 ou ceux des publications de la Coordination internationale des chercheurs sur les littératures maghrébines, sont également proposés, toujours au format Acrobat Reader.

      Des liens hypertexte renvoient à tous ces textes depuis leur fiche dans les bases bibliographiques du programme. Lorsque des textes sont disponibles sur Internet, un lien hypertexte renvoie également à leur site.

 

6) Des liens vers d'autres banques de données

      Lorsqu'on découvre sur Internet des banques de données sur des domaines voisins, leur site est systématiquement indiqué par un lien hypertexte qui permet de l'ouvrir depuis le programme Limag. Il en est de même lorsque certains textes sont publiés sur Internet : un lien hypertexte y envoie depuis leur référence bibliographique dans le programme.

      Par ailleurs des répertoires de données sur un sujet voisin, comme par exemple le Dictionnaire des livres de la guerre d'Algérie qui nous a été donné sous format Word par Benjamin Stora, ou encore les références bibliographiques sur d'autres littératures francophones fournies dans le même format par les collaborateurs à diverses publications collectives coordonnées par des membres du CELFC, sont actuellement transformées en bases de données indépendantes interrogeables par le même programme et disponibles sur le CD-Rom. Il ne s'agira cependant que d'annexes : on n'a pas la prétention ici de développer sur ces autres littératures francophones de banques de données aussi systématique que la banque Litaf réalisée à Bordeaux par Virginie Coulon sur les littératures africaines, avec laquelle cependant des liens sont envisagés une fois que les deux banques de données seront accessibles sur Internet.

      Il en est de même pour des banques de données indépendantes réalisées dans des domaines voisins par des collaborateurs de l'équipe, comme celle de Caroline Bégaud sur l'Algérie des années 30, qui dispose de son programme propre, mais réalisé dans le même esprit et avec le même logiciel, ce qui permet à cette banque de données d'être directement reliée au programme Limag sur son CD-Rom.

 

7) Un programme d'interrogation propre.

    Le programme Limag fonctionne grâce à un programme d'interrogation et de saisie propre, écrit par le responsable du programme, Charles Bonn, avec le logiciel Paradox7, pour Windows 95 et Windows NT. Les éléments du logiciel Paradox7 nécessaires pour que fonctionne ce programme sont livrés avec ce dernier, sous la forme d'un "Runtime" diffusable librement. Ce programme comporte aussi un sous-programme de saisie permettant aux utilisateurs d'entrer des données nouvelles, puis de les envoyer aux responsables du programme, qui les intégreront après vérification et corrections ou compléments éventuels aux bases de données. Ce programme de saisie peut permettre également aux utilisateurs de constituer eux-mêmes des bases de données personnelles.

    L'avantage de l'autonomie de ce programme est qu'il est parfaitement adapté à son objet, et surtout qu'il est modifiable à volonté en fonction des observations des utilisateurs et de l'évolution de l'offre logicielle du marché.

    Le principe essentiel de ce programme est sa dimension relationnelle. C'est-à-dire que les différentes bases de données sont reliées entre elles, et qu'une seule interrogation peut porter de ce fait sur plusieurs d'entre elles à la fois, sans que l'utilisateur s'aperçoive nécessairement que la réponse qu'il obtient provient de sources différentes. Et depuis peu cette dimension relationnelle dépasse le cadre strict des données stockées dans la banque, puisque le programme va parfois chercher sur Internet certaines réponses.

8) L'accès à d'autres programmes.

     Le CD-Rom Limag accueille également d'autres programmes, sur des domaines voisins, comme d'autres littératures francophones, ou l'Histoire du Maghreb. Ces programmes peuvent être consultés sur ce même CD-Rom.

     Le CD-Rom contient aussi les pages d'accueil de plusieurs dizaines de sites Internet complémentaires, sur lesquels l'utilisateurs peut se connecter directement.

 

Diffusion

     Jusqu'en 1997, une première version du programme, fonctionnant sur MS-DOS exclusivement, était diffusée sous forme de six disquettes comprenant le programme d'exploitation, les données compressées et les modules du logiciel Paradox5 nécessaires pour le fonctionnement de la banque de données. Le développement d'un nouveau programme pour Windows 95 et Windows NT et le volume de plus en plus important des données gérées ont rendu ce type de diffusion caduc, et la diffusion se fait donc désormais sous la forme d'un CD-Rom gravé à la demande par les responsables du programme, ce qui fait qu'il est à jour à la date à laquelle il est envoyé.

     Par ailleurs les modifications de structure des tables nécessitées par l'amélioration constante du programme sous Windows95 et WindowsNT ont finalement conduit à abandonner la première version sous MS-DOS, qui n'est plus diffusée depuis le printemps 1997.

     La banque de données Limag est actuellement diffusée dans plusieurs dizaines d'universités dans le Monde. Elle est également utilisée par des chercheurs isolés disposant d'un ordinateur pour l'accueillir. La diffusion sur Internet est sur le point d’être réalisée : Elle y sera téléchargeable dès l'automne 1998, et pourra être directement interrogée à distance par Internet dans les mois qui suivront.